Historique de la Cathédrale Saint-Étienne de Meaux


La cathédrale Saint-Étienne de Meaux est construite sur le site d'une ancienne cathédrale romane.

L’édification du monument s’est étalée sur plus de trois siècles, entre le XII° et le XVI° siècle, période assez longue qui aurait pu nuire à son homogénéité architecturale, contrairement à la cathédrale de Chartres, par exemple, qui fut construite en quelques décennies. La cathédrale de Meaux porte les marques de presque tous les différents stades que l’évolution du style gothique a traversés ; comme le souligne Pierre Kurmann dans son ouvrage La Cathédrale Saint-Étienne de Meaux, étude architecturale (Paris, Arts et métiers graphiques, Bibliothèque de la Société française d’archéologie, 1971), « [Il s’agit] d’un monument où les différents styles se superposent, se mélangent, s’imbriquent, tout en provocant néanmoins chez le visiteur une impression d’apparente unité ».

C'est vers 1180 que commença la construction du sanctuaire, s’étendant vers l’ouest jusqu’au clocher, côté nord, de l’ancienne église. La ressemblance de l’intérieur de l’édifice avec celui de Notre Dame de Paris devait être frappante à cette époque. La charpente, quant à elle, récemment datée de 1224, est actuellement très bien conservée.

En 1253, l’architecture de la cathédrale ne correspond plus au goût de jour. D’après le contrat passé entre l’architecte Gautier de Varinfroy, le chapitre et l’évêque Pierre de Cuisy, les tribunes furent reconstruites dans le style rayonnant de la fin du XIII° siècle. Des réseaux plus raffinés remplacèrent les doubles lancettes à oculus des fenêtres hautes.

La construction des chapelles absidiales datent du début du XIV° siècle, grâce à la générosité de Jeanne de Navarre et de l’évêque Simon Festu. Une des chapelles,  située dans le bas-côté sud de la nef, porte actuellement le nom de Jean Rose (†1364), riche bourgeois et bienfaiteur de Meaux, que celui-ci fit bâtir en 1331. Une dalle de marbre noir, placée dans cette chapelle, nous rappelle son souvenir.

Le chantier de la partie occidentale de la cathédrale commença en 1336 avec l’autorisation royale, donnée par Philippe VI de Valois. La tour sud fut érigée à un niveau plus élevé que le triforium, alors que débuta le chantier de la tour nord. La construction du portail du Jugement Dernier et du portail de la Vierge, sur la grande façade ouest, datent de cette époque.

Pendant la seconde moitié du XIV° siècle, la guerre de cent ans interrompit les travaux qui ne reprirent qu’à partir de 1459 sous l’épiscopat de Jean du Drac. Alors que le prolongement de la nef se poursuivit dans le style flamboyant de la fin du XV° siècle, on termina la charpente de la tour sud (appelée aujourd’hui « tour noire ») pour suspendre les cloches qui occupaient l’ancienne tour romane. Celle-ci fut détruite lorsque débuta le chantier de la tour nord qui s’élevait, en 1473, à peu près au niveau de la partie basse de la grande rosace occidentale. On suppose que son achèvement, avec celui des tourelles sommitales dans un style plus parisien, vers 1530-1540, a pu aboutir grâce à d’importantes aides financières accordées au chapitre par la ville de Meaux au début du XVI° siècle.

La cathédrale Saint-Étienne, qui demeure, en Île-de-France, un édifice aussi prestigieux que la basilique Saint-Denis ou Notre Dame de Paris, a subit d’importantes restaurations au cours des XIX° et XX° siècles, du fait de la fragilité de la pierre de Varreddes avec laquelle elle a été construite.

Cet ouvrage d’architecture impressionne par son volume imposant qui domine la ville, comme jaillissant des nuées de toitures amassées autour du grand vaisseau.

L’ampleur de son espace intérieur et sa luminosité exceptionnelle lui procurent un caractère hors du commun, inaltérable, dévoilé au regard des visiteurs, pour leur plus grand plaisir.



Personnages célèbres ayant marqué la cathédrale ou la ville de Meaux :


- Saint Denis (III° siècle) : 1er évêque de Paris, est venu évangéliser la Civitas Mendelsis (la cité meldoise à l’époque gallo-romaine) au risque de sa vie. Il sera décapité en l’an 260 au mont Mars, devenu Montmartre, à Paris.

- Sainte Geneviève (423-502 ou 512, selon les sources) : patronne de Paris. Elle fit bâtir une église sur l’emplacement du tombeau de Saint Denis. Propriétaire de biens en terre de Brie, elle a eu plusieurs fois l’occasion de se déplacer à Meaux.

- Saint Faron (†669) : évêque de Meaux au VII° siècle. Reliques déposées à La Ferté-sous-Jouarre (77)

-  Saint Fiacre (VII° siècle) : moine et guérisseur irlandais, patron des jardiniers. Il fut accueilli par Saint Faron qui lui légua, en Brie, une terre au lieu-dit Breuil (Broilum), près de Meaux, pour y bâtir un monastère.

- Philippe de VITRY (1291-1361) : poète et musicien, théoricien de l’Ars Nova ; évêque de Meaux de 1351 à sa mort.

- Jacques-Bénigne BOSSUET (1627-1704) : homme d’Église, prédicateur et écrivain français ; évêque de Meaux de 1681 à sa mort. Il participa à la rédaction de la Déclaration des Quatre Articles (1682) sur les libertés de l’Église gallicane ; auteur des Sermons sur la mort (1662), des Oraisons funèbres (1669, 1670, 1683, 1685 et 1687, pour les plus célèbres), d’une Histoire des variations des Églises protestantes (1688), d’un Discours sur l’histoire universelle (1681) et de la Politique tirée de l’Écriture sainte (posthume, 1709).

- Sébastien de BROSSARD (1655-1730) : compositeur, théoricien et bibliophile français ; auteur du premier dictionnaire de musique en langue française (Dictionnaire de musique, 1703) ; maître de chapelle à la cathédrale sous les épiscopats de BOSSUET et du Cardinal de BISSY (1657-1737), évêque de Meaux de 1705 à sa mort.    
                                  


La cathédrale 
Saint-Etienne 
de Meaux